Les Voyages Ferroviaires de Marc Russie
20/11/16 : Petite visite de Moscou sur la route de l'Ouzbekistan

Deuxième partie, Moscou. Vous connaissez certainement le plan du métro de cette ville, avec sa célèbre ligne circulaire qui relie, entr'autres (presque) toutes les gares. Et bien depuis bientôt deux mois, la physionomie de ce ce plan a bien changé, car désormais il n'y en a plus une, mais deux ! En fait Moscou, comme Paris et d'autres villes, possède une ceinture ferroviaire... Et comme à Paris, elle était peu à peu tombée en désuétude, les trains devant passer d'une radiale à l'autre empruntant des liaisons plus à l'extérieur de la ville. Mais là où on s'éloigne du schéma parisien, c'est que plutôt de dilapider cette infrastructure, on en a fait un système de transport urbain. La ligne a donc été reconstruite, nettoyée de ses raccordements inutiles, électrifiée, et portée à trois voies : une pour le trafic des RZD, et deux pour le transport urbain. L'exploitation est faite par les RZD, mais officiellement, la ligne fait partie du système de métro, avec emploi des titres de transport métro.

 La mise en service a eu lieu à la mi-septembre 2016, donc juste avant mon passage là-bas. Je joins un plan (excusez moi pour la taille de la pièce jointe, plus lourde que d'habitude) et je vous emmène visiter.  J'ai donc pris le métro lignes 5 et puis 9 jusqu'à la station "Vladikino", et à la sortie de cette station, j'ai découvert ça :  Il y avait de la lumière, donc je suis entré... Même équipement que dans les stations de métro, escalators et tourniquets pour la vérification des titres de transport. Sauf que pour l'inauguration, c'est gratuit pendant un mois... Une fois à l'intérieur, vue sur les voies. C'est neuf et donc tout propre, on peut photographier à travers les vitres :  Les architectes des RZD ne semblent vraiment pas aimer les passages souterrains, ils préfèrent passer par dessus les voies que par dessous. Je ne sais pas pourquoi. Ici il y a des escalators partout (et toujours par trois, comme ça on conserve le service même si il y en a un en panne ou en maintenance, j'aime ça) mais dans les plus petites gares, ça fait de fameuses volées d'escalier.
 Descendons sur le quai. Cette partie du bâtiment est aussi futuriste que l'autre, mais sans excès architectural. Toutes les gares de la ligne (il y en a 29 si j'ai bien compté) ont été refaites dans ce style.  Voici déjà le train suivant qui entre en gare. On est pas pressés, il y en a un toutes les six minutes. On va le laisser passer et prendre le temps d'explorer un peu.  Un petit coup d'oeil sur le matériel roulant. Il est écrit "Lastotchka" dessus, ça veut dire "Hirondelle". Avec le "Sapsan" (faucon), train rapide Moscou Saint Petersbourg dérivé du Velaro, les RZD font dans l'oisellerie... Mais blague à part, c'est du très beau matériel. Ce nom "Lastotchka" avait déjà été donné aux automotrices commandées à Siemens lors des jeux olympiques. Est-ce que ce sont les mêmes ou un modèle dérivé, je ne sais pas. Mais c'est vrai qu'elles ont un petit air de Desiro, mais sans les tampons anti-chevauchement.  A chouette, un croisement... Vous remarquerez qu'on est samedi, et que malgré tout il y a du monde... Mais bon, c'est gratuit !
 Une vue des quais, bien dégagé pour permettre d'importants mouvements de foule. On n'est plus dans les quartiers denses de Moscou ici, c'est déjà la banlieue, mais la ville s'agrandit à toute vitesse. Quand l'urbanisation arrivera ici, l'infrastructure sera prète...  Dans l'autre sens. L'exploitation se fait en unités simples, mais les quais sont assez longs pour recevoir des unités doubles. Il y a déjà du monde pour le train suivant (fréquence 6 minutes, je le rappelle).  Cette fois on va monter. J'avais espéré pouvoir faire quelques photos de l'intérieur mais c'était bondé, et les russes n'apprécient en général pas qu'on les prenne en photo. Donc je me suis abstenu. Les sièges c'est en individuel 3+2 mais avec le gabarit russe ça reste confortable et il y a beaucoup de place pour les voyageurs debout.  Quelques stations plus loin, je redescends. J'avais pensé faire toute la ligne mais vu le monde, et comme toutes les stations sont les mêmes, ça devient vite un peu monotone.
 Autre train en approche. Notez qu'il y a de l'infrastructure, ce n'est pas juste de la bête double voie. Je ne sais pas par contr si ils ont de la signalisation de contre-sens.  Automotrice de cing voitures, si j'ai bien compté. Remarquez aussi l'énorme entre-voie, je ne comprends pas trop l'intérêt.  Vue complète de l'automotrice. La livrée choisie ne leur va pas mal du tout, mais je trouve quand même cette touche orange sur les boucliers avant un peu agressive. J'aime beaucoup les nouvelles livrées du matériel russe. Cela change sérieusement de leur traditionnel vert pommes.  Je suis descendu à la station "Locomotiv". Ca ne s'invente pas. Mais je pense que l'intention derrière ce nom n'était pas ferroviaire mais plutôt en rapport avec un célèbre club de football moscovite qui joue dans le stade tout à côté...
 Vue de l'infrastructure depuis la passerelle. Alors de droite à gauche on voit la voie en cul de sac visible sur les photos précédentes, puis les deux voies principales du trafic voyageurs, et puis un faisceau raccordé à la voie marchandises. Notez que pour placer cette troisième voie il a fallu élargir ou remplacer quasi tous les ponts de cette ligne établie en remblai quasi continu... et que tous ces travaux ont pris moins de quatre ans. On va reprendre le métro vers Komsomolskaya pour d'autres visites ferroviaires.  Reprenons le metro de Lokomotiv vers Komsomolskaya, c'est une ligne directe. Comme vous pouvez le voir, toutes les lignes de métro n'emploient pas encore du matériel roulant moderne. Dans celui-ci, sièges en bois, pas de SIV, et annonces uniquement en russe. Par contre, wi-fi partout... Saviez vous que "Sur toutes les lignes, les voyageurs peuvent déterminer la direction du train selon les annonces vocales. Sur les lignes radiales, une voix masculine indique un déplacement vers le centre tandis qu’une voix féminine indique un déplacement vers la périphérie (astuce mnémonique : votre patron vous appelle au travail et votre femme vous rappelle à la maison). Source wikipedia...  Dans le métro, Lénine est toujours bien présent...  On sort du métro à Komsomolskaya. Cette endroit est appelé par les moscovites "place des 3 gares" parce qu'on y trouve les gares de Leningrad, de Iaroslav, et de Kazan. Il y en a même une quatrième dont personne ne parle jamais. L'endroit n'est pas très accueillant pour les piétons et il vaut mieux ne pas essayer de traverser en surface. Il a un souterrain, c'est plus sur.
 On y trouve d'abord la gare de Leningrad, d'où les trains partent vers ... Saint Petersbourg bien sur, mais aussi d'autres villes comme Pskov et Mourmansk. Elle a été complètement modernisée pour accueillir le train à grande vitesse russe "Sapsan" qui dessert la ligne Moscou-Leningrad, mais a gardé sa belle façade d'origine.  A l'intérieur, je n'ai vu que des rames à grande vitesse. Celles-ci sont une déclinaison au gabarit russe des rames Velaro de Siemens.  Un petit coup de zoom discret - à Moscou, on ne m'a pas empéché de faire des photos mais je voyais bien que j'attirais quand même les regards... Sapsan est le nom commercial utilisé pour ces trains, ça signifie "faucon".  Après Leningrad, Iaroslav. De cette gare partent les trains à destination de la Sibérie.
 Après Leningrad, Iaroslav. De cette gare partent les trains à destination de la Sibérie.  Dans ma même gare, une rame de banlieue. Fabriquée par les bien connues usines de Riga. Sa présence sur ce quai accessible à tout le monde signifie qu'elle assure un service interurbain. Les services de banlieue partent de quais à accès contrôlé, auxquels on ne peut accéder qu'en possession d'un titre de transport.  Et voici la gare de Kazan, d'où partent les trains pour le sud-est de la Russie. Trois styles très différents...  Autre type de machine pour voyageurs, plus moderne, configuration BBB. Notez la légèreté de la caténaire (comme dans les deux autres gares vues juste avant, et celle de Biélorussie hier). Nous sommes pourtant bien en 3kV=.
 Incorporée dans ce train, une nouvelle voiture lits russe à deux étages. Je n'ai pas testé. J'espère que c'est mieux que les voitures lits à deux étages allemandes, franchement inconfortables.  Autre vue de ces voitures. Vous remarquerez aussi que la gare possède un certain style, mais a été défigurée par une couverture moderne, certes confortable, mais disgracieuse.  Les rames en partance sont systématiquement amenées en fond de gare par une machine diésel de manoeuvre. Ici un modèle assez récent, mais que je suspecte être une reconstruction sur un chassis ancien. Il y a régulièrement des reconstructions de ce genre présentées au salon Innotrans.  Et voilà le modèle de machine ex-urss le plus nombreux, que l'on retrouve maintenant dans diverses livrées sur tout le réseau 1524mm. Tchme3. Construites en Tchecoslovaquie par CKD, la société qui a construit aussi les trams Tatra. Plus de 8000 de ces machines ont été construites...
 Nous reviendrons ici demain pour partir vers Tachkent. Mais je vous avais parlé d'une quatrième gare... Regardez au fond de la photo.  Il y a là, en plein centre ville, une ligne de chemin de fer de banlieue dont j'ignore tout. Je suis allé voir de plus près...  Des trains y passent toutes les quelques minutes...  Et s'arrètent à un bâtiment de gare assez modeste pour un centre ville. Mais bon, je n'en saurai pas plus !
 Pour rentrer à l'hôtel après cette journée bien remplie, je me suis dit "pourquoi pas le tram ?". Il y a en effet un terminus de ligne juste devant ma porte. A l'arrêt, un plan était affiché, que j'ai analysé. J'en ai conclu que de Komsomolskaya, je pouvais prendre un tram 7, et que à la première bifurcation, je devais descendre pour une correspondance avec un 9. En route ! Il y a effectivement un arret de tram au milieu de la place. Utiliser impérativement le passage souterrain pour y aller, traverser en surface serait suicidaire ! Par rapport au métro,superbement entretenu, le système de trams parait franchement négligé.  J'étais un peu inquiet de me perdre, mais non, ça a marché comme sur des roulettes. Une demi-heure plus tard j'étais arrivé à mon terminus.

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