Les Voyages Ferroviaires de Marc Russie
20/11/16 : Ouzbekisthan : voyage d'approche

Donc voilà, après Israël en 2015, mon grand voyage de cette année, c'est l'Ouzbekistan. L'Asie centrale me fascine depuis dès années (qui ne se prend pas à rêver au nom de Samarcande?) et voilà enfin que je peux réaliser ce rêve. Et bien sur, tant qu'à faire, pourquoi ne pas aller jusque là-bas en train ? C'est évidemment un peu plus long, et plus compliqué, que d'y aller en avion... Il faut des visas (Belarus, Russie), loger sur place, se débrouiller avec la langue locale (mes cours de Russe vont enfin me servir à quelque chose), mais c'est tellement plus gratifiant que passer 7 heures dans un cylindre en alu à 10 km d'altitude ! Je couperai ce récit de voyage en quatre grandes parties : - Bruxelles-Moscou - Visite de Moscou - Moscou-Tashkent - Les chemins de fer Ouzbeks Allons, en voiture !

 Donc, d'abord, aller à Moscou. Deuxième fois pour moi déjà. Pour ne pas faire la même chose qu'il y a 5 ans, je décide donc de voyager cette fois avec le Paris-Moscou direct des chemins de fer russes. Donc, d'abord, il faut aller à Paris, ce qui fut fait avec un trajet sans charme à bord d'un Thalys, en première certes (réservé longtemps à l'avance, ça ne coûte pas beaucoup plus cher que la seconde), mais sans charme quand même. Nous voici donc à Paris Nord.  Et puis de là, il faut aller à Paris-Est. Chargé de bagages, je ne suis pas trop tenté par les innombrables escaliers du métro parisien. On ira donc à pieds, jusqu'au bout de la station magenta d'abord, et ensuite à l'air libre. Pas de chance, il y a des escaliers par là aussi. Est-ce qu'on ne nous avait pas promis un chemin piéton entre ces deux gares ? A Paris-Est, j'ai le temps : arrivé à 14h35, je ne repars qu'à 18h58. De quoi faire quelques photos, diner avant de partir, acheter quelques provisions et un peu de lecture. Et donc profitons de la dernière gare où on ne me dira pas "pas de photos, interdit". Je commence par tomber sur ce couple emblématique dont la cohabitation n'est pas toujours très facile :  La livrée blanche des ICE est très jolie, mais seulement à condition de nettoyer les rames un peu plus souvent... Ce ne sont pas les mêmes rames que celles que nous voyons à Bruxelles, il me semble.  Et puis il faut en profiter pour fixer une dernière fois les vieilles gloires, c'est peut-être la dernière fois. Celle-ci a, si je ne me trompe pas, été remotorisée, et ça ne fait plus du tout le même bruit, dommage.
 Dans les vieilles gloires, il y a aussi ça. Beaucoup moins prestigieuses que les CC72000, et à mon avis on les regrettera moins aussi.  Et puis il y a la relève : d'abord avec ces nouvelles rames pour la desserte de la banlieue parisienne. On les dit très réussies, mais je n'ai pas encore eu l'occasion de les essayer. Avec mes bagages en remorque, ce ne sera pas encore pour cette fois-ci.  Et pour la longue distance, la relève c'est ça. Comme je le disais tantôt au sujet du Thalys, ça a infiniment moins de charme qu'une rame tractée traditionnelle, mais ça va plus vite... Celle-ci est au mois resplendissante de propreté.  Ponctuellement, une demi heure avant le départ, la voie est annoncée sur les afficheurs et mon train se présente. C'est une longue rame, au pied de chaque porte l'accompagnant de voiture se positionne pour accompagner les voyageurs. Avant de monter, il faut quand même aller voir ce qu'il y a en tête...
 J'ai bien aimé la gare de l'Est. On n'y trouve pas cette frénésie qui règne dans les autres gares parisiennes, c'est bien éclairé, les commerces installés dans la gare sont accueillants, j'y ai trouvé un restaurant où j'ai fort bien mangé (ça devient dur de trouver autre chose que de la malbouffe dans les gares, je trouve, alors pour une fois, ça mérite d'être signalé), et une terrasse accueillante pour y lire en attendant mon train. Et puis finalement ceci est apparu sur les afficheurs. Vous noterez qu'il n'y a pas le logo SNCF à côté du train. Même si c'est la SNCF qui assure la traction, ce train est donc organisé en Open Access, comme les Thello. Il n'y a pas de personnel de contrôle SNCF à bord du train non plus. Et les pass Interrail et Eurail n'y sont pas valables...  Je suppose qu'elle nous amènera jusque Strasbourg, et que là une machine allemande prendra la relève. La SNCF possède-t'elle encore des machines capables de remorquer des trains de voyageurs sous 15 kV ? Je ne sais d'ailleurs pas ce que nous aurons à partir de Strasbourg, je ne suis pas allé voir. Je me suis endormi après le pont sur le Rhin pour me réveiller à Berlin. Nous y sommes rentrés par le sud, et avons fait arrêt dans la partie souterraine de Berlin HBf, pour ensuite gagner Berlin Lichtenberg, ou nous avons stationné un peu plus longtemps.  Le train Paris-Moscou est constitué de voitures neuves, construites en 2014 par Siemens en Autriche. Elles sont les plus modernes voitures lits que l'on peut voir aujourd'hui (mais les nouvelles nightjet des OBB vont bientôt changer la donne). Ce sont toutes des voitures avec cabines de 4 places qu'on peut occuper, selon le tarif choisi, seul, à deux, ou à 4 personnes. Seul dans mon cas. Avantage énorme sur les autres voitures-lit que j'ai connues : la carte magnétique pour ouvrir ou fermer le compartiment. Voici mon billet. C'est un billet de type "print at home" lié au passeport : il faut montrer les deux pour entrer dans le train. Le personnel vérifie la validité du billet avec le code-barre du bas, qu'il décode avec un lecteur portable. Ce billet a été acheté sur le site web des RZD, les chemins de fer russes. Parlons en un peu, de ce site... Il est très bien fait, mais il faut comprendre comment ça marche. Il faut s'enregistrer sur le site, et c'est dans sa "zone personnelle" que chacun retrouvera, pour les imprimer, les billets qu'il aura acheté. Il y a une version en Anglais, et bien sur une en Russe. J'ai acheté mon billet sur ce site après m'être entendu dire à la gare de Bruxelles Midi que le train était complet.  En fait, le train est segmenté : une majorité des places est vendue par les RZD, et une petite partie par la SNCF. Si on vous dit qu'il n'y a plus de place, cela veut dire en fait que l'allocation SNCF du train a été entièrement vendue... Deux réactions possibles : soit faire comme moi et aller sur le site des RZD, qui eux n'ont peut-être pas encore tout vendu ; soit essayer de gagner Berlin ou Varsovie par un autre train, car la majorité des trajets vendus par la SNCF sont des Paris-Berlin et Paris-Varsovie; sur le trajet final vers Moscou, il reste toujours de la place... Sur le trajet Paris-Varsovie, une voiture restaurant des PKP est ajoutée au train. Les RZD ne possèdent pas de voiture restaurant à bogies interchangeables. Une voiture russe sera ajoutée au train à Brest, jusque Moscou. Je les ai essayées toutes les deux...
 Pendant que je prenais mon petit déjeuner, nous avons fait le trajet jusque Frankfurt a/d Oder, gare frontière avec la Pologne. Nous avons manifestement fait un détour : on n'a pas arrêté de rouler, et pourtant on est arrivés deux heures en retard. Plus moyen donc de descendre pour faire des photos, car chaque arrêt a été écourté au maximum pour rattrapper le retard.  Nous étions tellement en retard que nous n'avons même pas pris le temps de décrocher la voiture restaurant à Varsovie... J'y suis donc retourné pour déjeuner (diner en Belgique). Arrivés à Brest, il faisait déjà noir. De plus, les fenêtres du train n'ouvrent pas, et pendant la manoeuvre de changement des bogies, les portes sont resté fermées. Pas de photos de cette intéressante opération donc, mais pas grave, j'ai déjà fait ça il y a cinq ans.  Une fois les bogies - et les attelages - changés, un défaut majeur dans la conception de ces voitures apparaitra très vite : il y a beaucoup, trop, de jeu dans ces attelages, ce qui provoque des réactions longitudinales très inconfortables à chaque freinage ou accélération. J'ai failli me retrouver plusieurs fois en bas de mon lit. Conjugé à la moins bonne qualité de la voie, cela m'a valu une fort mauvaise nuit. Il faudra m'y habituer, par la suite ce ne sera guère mieux... Voici notre itinéraire, tel que décrit par l'excellent site web www.tutu.travel qui peut aussi vendre des billets mais je ne l'ai pas essayé.  Le lendemain matin, en Russie, nous avons ratrappé une heure de retard.
 Et nous entrons finalement en gare de Bielorussie à Moscou, ou je prends ces photos sous le regard inquiet des cheminots présents. Pas de forces de l'ordre présentes en gare, heureusement.  La lumière n'était pas très bonne sous cette marquise. Voici quand même une photo de notre rame. Notez la différence de gabarit entre les voitures lits, aux dimensions RIC, et la voiture restaurant aux dimensions russes.  La machine qui nous a emmenés jusqu'ici. Les machines russes ont des dimensions imposantes et sont souvent doubles (BB+BB), comme ici. C"est une machine 3 kV =. Elle nous a donc tirés depuis Viasma, car au dela c'est du 25 kV 50 Hz. J'ignore par contre si il y a interpénétation des engins moteurs entre réseaux russe et biélorusse. Sinon, il y du y avoir un autre échange machine à Orcha.  Une autre vue de la machine, un peu gachée par les colonnes de la marquise. On voit bien les dimensions imposantes de l'engin. Pas inpressionnante par contre la puissance : 8400 kW pour un tel monstre, ce n'est pas beaucoup. C'est supposé pouvoir remorquer des trains de 30 voitures... mais on roule rarement à plus de 120 km/h par là.
 Et sa cèlèbre statue de l'adieu au soldat qui part au front. Beaucoup n'en sont pas revenus...  Le bâtiment de la gare de Biélorussie, peint dans les couleurs que l'on retrouve sur toutes les gares locales du réseau.  Il n'y a pas beaucoup de trafic dans cette gare. Notre train était quasi le dernier de la batterie de trains de nuit qui arrivent à Moscou le matin, et les trains au départ sont quasi tous le soir. Le trafic banlieue existe mais semble très limité. J'ai quand même vu cette Electrichka rentrer, très peu de gens en sont sortis, 20 personnes max. Rien à voir avec la foule des gares de chez nous...  Et pour finir cette prenière série, qu'ai-je trouvé au milieu de la rue, juste en face de mon hôtel ? Le terminus d'une ligne de tram ! Comme il n'y a pas moyen de faire demi-tour (le terminus, c'est juste un aiguillage qui ramène les deux voies à une seule) et que les trams n'ont un poste de conduite que d'un seul côté, la ligne est exploitée par des rames doubles accouplées dos à dos. Voilà, fin de cette première série. Dans la suivante, nous visiterons la nouvelle infrastructure de transport moscovite.

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