Les Voyages Ferroviaires de Marc Europe
11/03/18 : Budapest-Craiova

 Troisième jour. Jusqu'ici, c'était très policé, à partir de maintenant, ça commence à avoir un petit parfum d'aventure.
 Le train est à quai bien longtemps à l'avance, on a le temps de faire le tour. On va avoir de la traction moderne. Mais je n'aime pas trop ce genre de livrée bariolée.
 A côté, évolue une machine Skoda qui a des airs de Robocop. Les chemins de fer hongrois ont commandé des rames RailJet en Autriche, mais au dernier moment, ils ont voulu annuler la commande des machines pour les remplacer par des Skoda comme celles-ci. Mais le constructeur des rames n'a pas voulu divulguer les codes de multiplexage...
 Le parallèle entre les deux machines montre quand même que l'esthétique de la machine Skoda est nettement moins aboutie.
 Regardez le logo sur le flanc de la voiture : elles se diversifient, nos banques...
 Départ... Un railjet autrichien nous accompagne.
 mais nos chemins se séparent très vite. Lui va vers l'ouest, nous partons vers le sud.
 Tout de suite, les particularités d'exploitation des réseaux de l'est sautent aux yeux des observateurs avertis. Comme par exemple ces commandes manuelles de secours sur tous les appareils de voie motorisés.
 La Hongrie est un des seuls réseaux qui exploitent encore des autorails à deux essieux.
 Mais ils ont aussi du matériel très moderne.
 Ils ont même des choses qu'on n'a pas chez nous. C'est juste un train de banlieue, hein, pas un Thalys ou un train de luxe.
 La ligne vers la Roumanie est en plein travaux, et il faut dire qu'elle en a bien besoin. L'état de la voie sur les sections non rénovées est épouvantable et il y a plein de ralentissements.
 Lokoshaza, dernière gare avant la frontière. Contrôle douaniers assez musclés, un policier au pied de chaque porte de voiture, et défense de descendre... En queue de train, quelques voitures de service intérieur vont être détachées ici (*). Les gens qu'on voit sur le quai viennent de là. (*) C'est une grande constante des trains internationaux de l'est : ils ont aussi tous une fonction de service intérieur. Plus on progressera, pire ce sera. On finira par faire de l'international omnibus.
 Train de semi-remorques remorqué par une machine du GYSEV (pour Győr-Sopron-Ebenfurti Vasút), compagnie ferroviaire internationale totalement atypique datant de bien avant la disparition du rideau de fer. On ne comprend pas trop comment cela pouvait exister à l'époque communiste... Aujourd'hui, la compagnie assure du trafic fret dans toute la région.
 Voitures voyageurs avec porte centrale. Jamais vu ça ailleurs, sauf les voitures ambulances de la SNCF...
 Contrôle de police/douane... ca rigole pas. Quand je suis passé ici il y a 6 ans, c'était bien pire : il y en avait aussi sur les toits.
 On est repartis, et avec le décrochage des voitures de service intérieur, la voie est libre pour faire des photos par la vitre de la porte arrière... On est sur la section frontière, mais toujours en Hongrie.
 Voilà, on est en Roumanie. Les CFR ont décidé de reconstruire la ligne à deux voies, mais je doute que la deuxième serve avant longtemps. J'espère pour eux qu'ils ont quand même mis la caténaire sous tension...
 On arrive à Curtici, première gare roumaine. Aussi en pleine reconstruction. Ici un exemplaire de loco diésel construit - il y a longtemps, mais la nouvelle livrée arrange bien les choses - par l'industrie ferroviaire locale.
 Gare de Curtici, partie non reconstruite, et qui, je pense, ne le sera pas. Toutes les installations ferroviaires des pays de l'est sont surdimensionnées depuis la chute du rideau de fer, avec la chute de trafic due au passage à la route, et à la fermeture de toutes les industries obsolètes. Machine électrique hongroise.
 Et ici une machine autrichienne. Elles vont loin, quand même... J'en ai vu une encore plus loin, mais pas pu la prendre en photo.
 Reconstruction de la gare de Curtici. Le nouveau - et unique, il n'y a pas beaucoup de trains ici - quai voyageurs est adjacent au bâtiment de gare, mais ce n'est pas encore en service. Alors en attendant, tous les voyageurs doivent traverser ce faisceau de voies, dans le ballast...
 ... pour atteindre le moignon de quai qui subsiste ici.
 Pour nos amis français : leur matériel déclassé est en de bonnes mains :
 Après les rénovées, les non rénovées.
 Et aussi les rames RIB !
 Ils ont aussi des petits autorails... à moins que ceux-ci soient des remorques, je ne sais pas.
 Et des machines dans des tas de livrées différentes, toutes très voyantes.
 Mais nous voici arrivés au Danube, voie fluviale la plus longue de notre continent. Le pont ci-dessous ne franchit pas le Danube, mais juste un de ses affluents, la Cerna. Nous sommes ici au confluent.
 Lac de retenue créé par un ouvrage hydro-électrique sur le Danube, construit par la Roumanie et la Yougoslavie entre 1964 et 1972. Il y avait là des vestiges qui datent de l'empereur romain Trajan, qui ont dû être déplacés pour éviter qu'ils soient noyés par les eaux du barrage (comme à Abou-Simbel avec le barrage d'Assouan, en Egypte). C'est un des endroits les plus beaux du voyage.
 Et voilà le fameux ouvrage, qui comprend un barrage, un pont routier, une écluse, et une centrale hydro-électrique. Jusqu'il y a peu, le prochain pont était près de 500 km plus loin...
 Il y a pas mal de trafic marchandises, notamment beaucoup de produits pétroliers...
 ... et un parc de machines spécialisées à ce trafic. Ca ressemble un peu à des CC7100, y aurait-il une quelconque filiation ?
 A par ça, il y a aussi pas mal de faisceaux de voies recouverts de végétation et qui ne servent visiblement plus, même si les caténaires sont toujours là, et les signaux toujours allumés. Notez les visières caractéristiques.
 Il y a aussi de très beaux vestiges d'une époque révolue... Certains touristiques de chez nous rèveraient d'avoir chez eux une pièce pareille !
 Un petit coup d'oeil à l'intérieur de la voiture. Confortable, bons sièges, un peu défraichi, et comme d'hab, électronique (les écrans au plafond) en panne.
 Mais bon, je parle, je parle, mais nous voilà arrivés. Craiova, où est-ce que c'est, personne ne va là... A ma grande surprise, il n'y a pas eu d'échange traction, c'est toujours la machine hongroise qui est en tête. Le train continue jusque Bucarest, mais moi je descends ici, et je continue demain.
 Vite fait, avant de rejoindre mon hôtel, quelques photos en gare. Le trafic marchandises semble important, mais les installations sont fatiguées. Le quai là plus loin aurait besoin d'un coup... de tondeuse !
 Maneuvre d'une rame à deux étages moderne avec un locotracteur de fabrication locale.
 Une vue sur la gare, et relais traction à un train de voyageurs. Encore une autre livrée !!!
 Collection de machines au faiseau. Regardez bien, dans le tas, y'a une BB ex-SNCF, encore en livrée Fret, on n'a changé que les marquages
 La gare a une petite section musée. Dommage que ce n'est pas entretenu. Les véhicules exposés ici sont intéressants. Une loco vapeur...
 Et un chasse-neige rotatif, surement à vapeur aussi !

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