Bon, on passe à l'étape suivante : Sofia-Thessalonique.
C'est une relation dont, à mon avis, on n'a jamais parlé ici. Elle a
sauté en 2012 lors du début de la crise grècque et vient juste d'être
rétablie.
Sur le territoire bulgare, il s'agit juste de deux voitures OSE ajoutées
à un train de service intérieur. Les deux voitures franchissent ensuite
seules la frontière pour être ajoutées plus loin à un train intérieur
grec. Pas beaucoup de voyageurs, mais pas très cher à organiser non
plus.
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Pour ceux qui seraient tentés : le billet ne peut s'acheter que sur
place ; à Sofia, il faut aller, non à la salle des guichets du sous-sol,
mais bien à l'agence de voyage RILA du rez-de-chaussée, ou vous serez
(fort bien) accueilli par deux dames parfaitement quadrilingues.
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Le tableau des départs et arrivées en gare. Pour une ville de presque
1.5 million d'habitants, ça ne se bouscule pas. Comme vous pouvez le
voir, le bulgare, ça s'écrit en cyrillique et ça ressemble très fort
au russe.
L'arrivée de mon train est déjà notée - c'est la même rame qui fait
l'aller-retour tous les jours - mais pas encore le départ.
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En attendant, petit tour en gare. C'est pas la foule sur les voies non
plus.
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Comme déjà dit hier, la gare est en chantier.
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J'attends, je ne vois toujours pas mon train arriver. Dernière minute,
on annonce - uniquement en bulgare, heureusement que je parle un peu
russe - un changement de voie. Le temps de courir là bas avec mes
bagages, naviguer dans le chantier, plus le temps de faire une photo
du train avant de partir. Pour compenser, une petite photo du
compartiment, de fort bonne facture, de la voiture OSE :
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Bâtiment de gare sans ame ni style de la banlieue de Sofia.
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Je ne replace pas de photos du voyage lui-même, car ça ressemble très
fort à celui d'hier. Mais quand même un truc surprenant : voici la gare
"General Todorov". C'est écrit en cyrillique, et en plus petit, en
caractères latins. Et les deux autres plaques, en dessous, "Chef de
gare", et "Mouvement", sont bilingues Bulgare-Français ! D'autres
gares de cette ligne présentaient aussi cette particularité. Est-ce
que des intérêts français auraient participé à sa construction ?
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Nous sommes arrivés à Kulata, dernière gare avant la frontière.
On va enfin avoir une vue du train. Il faut changer de machine, car
plus loin, ce n'est plus électrifié. J'ai donc le temps de descendre...
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Vers l'arrière, les deux voitures bulgares qui n'iront pas plus loin.
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Décrochage de la machine. C'est une CC de fabrication roumaine,
Electroputere.
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Voilà la machine OSE qui va prendre la relève.
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Vue de la gare, qui est assez agréable. Les voitures OSE ont un profil
assez spécial, je ne sais pas qui les a construites.
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Pas de plaques en français ici...
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Tout droit par là, c'est la Grèce... Dans le fond à droite, l'habituel
cimetière de matériel roulant.
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Mise au train de la machine. Il parait que ces machines sont prévues
pour être converties en électrique pour le jour où tout le réseau grec
serait électrifié. A mon avis, elles seront usées avant.
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Voilà. Temps de remonter à bord. Le personnel de la gare commence
d'ailleurs me regarder d'un air mauvais. Je ferme mon appareil et
joue profil bas jusqu'au départ.
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Direction la queue du train pour photographier un passage de frontière
que personne n'a probablement encore jamais vu ici...
D'abord on quitte la gare...
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Pourquoi la caténaire ? C'est un peu long juste pour faire des
manoeuvres.
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On y est ! Fin de la caténaire, et à gauche, cabane du garde-frontière,
surement vide depuis que le rideau de fer est tombé, et projecteur pour
examiner le dessous des trains, que probablement plus personne ne sait
comment éteindre...
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On franchit le pont qui enjambe la rivière marquant la frontière entre
les deux pays. Qui est supposé entretenir la voie à cet endroit ?
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Voilà, on est en Grèce. Le garde-frontière, tout aussi absent que de
l'autre côté de la rivière, a sa cabane lui aussi. Bleue et blanche,
aux couleurs du pays...
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Ici la voie a quand même un minimum d'entretien. Il n'y a qu'un allez
retour voyageurs par jour, mais d'après ce que j'ai pu voir, il y a
du trafic fret aussi.
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Nous entrons dans la première gare du pays, Promachon. Comme visible
sur la photo, il n'y a plus qu'une voie qui sert.
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Et on ne s'arrête pas. Je suppose qu'avant la chute du communisme,
il y avait ici toutes sortes de contrôles frontaliers. Maintenant,
ça ne sert plus à rien, tous les relais traction se faisant de l'autre
côté de la frontière. Il n'y a pas de service intérieur. Dommage, la
gare est jolie.
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Sur la grand-route qui longe la voie, file de camions attendant de
pouvoir passez la douane. Trop de camions, pas assez de trains...
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La route a eu droit à quelques investissements. Bah, soyons juste
heureux qu'on n'a pas supprimé la voie "parce qu'elle gènait"...
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Nous approchons de la gare de Strimon, sur la "grande" ligne de
Thassalonique à Alexandropoulis (près de la frontière turque, encore
un endroit où j'aimerais passer - j'aime bien les frontières, vous
l'aurez remarqué). Encore un cimetière de vieux wagons. Il y en a
autant en Grèce que dans les pays de l'est.
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Arrêt en gare, nous allons attendre ici plus d'une heure. Comme je ne
savais pas pourquoi, je n'ai pas osé descendre. Ce n'est pas l'endroit
où on a envie de rester coincé pour la nuit...
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C'est une jolie petite gare, avec les anciens appareils de block
installés sur le quai.
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Après une heure d'attente, un train arrive dans l'autre sens, et je
comprends : on va simplement nous raccorder en queue pour la dernière
partie du voyage...
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Nous repartons à petite vitesse...
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Jusqu'à l'autre extrémité de la gare, pour aller rechercher les
aiguilles d'entrée...
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Et on refoule contre l'autre rame pour accoupler.
Ici se termine ce cinquième jour de voyage, car la suite, jusque
Thessalonique, se passera dans le noir.
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